Marques muséales : un espace public revisité ? Colloque marque et musée

Colloque international



Appel à communication

«  Marques muséales : un espace public revisité ? »

Toulouse le 2 et 3 juin 2016
Organisé par l’équipe Médias, Culture et Communication (MC2) de l’IDETCOM
Université Toulouse1 Capitole

Envoi des propositions

ATTENTION NOUVELLE DATE LIMITE 8 JANVIER 2016

A envoyer à : martine.regourd@ut-capitole.fr

(3000 signes, espace et bibliographie inclus)

Appel à communication (version PDF) >>

Español - English


Issues d’un contexte entrepreneurial classique, les marques connaissent désormais une extension continue dans le secteur public et notamment dans le champ muséal. La création d’une Agence dédiée à l’accompagnement des politiques de valorisation du patrimoine immatériel de l’Etat en atteste. [1]

En 2006, le rapport Lévy-Jouyet [2] a fourni les prémisses de cette politique d’optimisation, désignant plus particulièrement les musées comme fers de lance de ces marques culturelles. Impulsés par les établissements internationaux, - l’implantation d’une antenne du musée du  Louvre et de la fondation Guggenheim à Abou Dabi en est  une illustration - les dépôts de marques par les musées se généralisent.

Ce colloque se propose d’analyser comment les musées s’approprient les marques, comment ils utilisent la marque pour définir une stratégie, sur quelles valeurs ils se fondent pour construire, renouveler leur identité, quels imaginaires ils mobilisent pour organiser leur protection, valoriser leur savoir-faire, développer leur ressources.

Les musées sont porteurs d’une identité forte forgée par l’histoire – et les musées français en particulier en raison de leur origine révolutionnaire – et de valeurs  puissantes, au premier rang desquelles l’universalisme : le recours aux marques induit-il un changement de paradigme ?

Les réponses à ces questions doivent se fonder sur une approche résolument pluridisciplinaire s’appuyant notamment sur le droit, les sciences de l’information et de la communication, l’histoire, l’économie, la gestion ou encore la sociologie.




Axe 1 : Normes et institutions

Il convient de mesurer comment coexistent, au sein des mêmes institutions, deux logiques postulant deux types de protection : celle relative à la marque, celle relative au service public.

Cette dualité implique également d’évaluer les complémentarités voire les contradictions entre différents objectifs. La promotion et la protection de la marque et les exigences de la valorisation et le développement de ressources propres peuvent se trouver en contradiction avec des principes fondateurs de l’institution muséale, comme, par exemple, le principe d’inaliénabilité des collections.


Axe 2 Médiation (s) et Numérique

L’approche sémiologique doit permettre d’analyser les différentes marques, d’explorer leurs codes, d’identifier les champs imaginaires investis par ces marques muséales et leur système d’expression.

La question des publics demeure ici cardinale : le recours à la marque exacerbe-t-il la tension entre évaluation muséologique et approche marketing ?

Les musées investissent le champ numérique et déploient des stratégies de communication digitale. Leur présence sur les réseaux sociaux interroge l’e-réputation des musées et plus largement leur identité numérique. Ces éléments méritent d’être analysés grâce à des études empiriques pour être mis en tension avec la notion de marque. La communication digitale est-elle au service des missions traditionnelles des musées ou est-elle un avatar de la communication de marque ? La communication digitale permet-elle de toucher de nouveaux publics  et/ou renforce-t-elle des logiques de partenariats et de collaborations existantes ?


Axe 3 Territoire (s) et compétitivité

Les processus de décentralisation participent conjointement d’une logique de recomposition des territoires locaux – comme  les métropoles – et d’une remise en cause des articulations administratives traditionnelles au profit d’une préoccupation communicationnelle et d’une mise en visibilité internationale.

Comment, par exemple, les marques muséales donnent-elles à voir le territoire ? Par leur architecture, par leur médiation, par leur logo ? Exemple du LaM (Lille Métropole Art moderne), du Mac/Val (musée d’art contemporain du Val-de-Marne), par l’identification du territoire à un artiste, ainsi du musée Soulages à Rodez. Comment complètent-elles les stratégies portées par les marques territoriales, (OnlyLyon / musée des Confluences). Comment la compétitivité des territoires trouve-t-elle à s’articuler avec les marques muséales conçues comme facteur d’attractivité ?


Axe 4  Gestion et Management

La question de la marque interroge conjointement les sciences de gestion, qui observent l’extension continue d’outils managériaux dans le champ du secteur non marchand : universités, hôpitaux, centres de recherche ou encore institutions culturelles sans but lucratif, telles que les maisons d’opéra, les bibliothèques, les théâtres, les festivals, les monuments ou les musées.

Or, dans le secteur marchand, la marque – expression des valeurs et du positionnement que l’entreprise souhaite associer à ses produits – sert à la fois d’instrument de différenciation et de repère pour le consommateur, ce qui peut sembler moins essentiel dans le secteur culturel où chaque institution est unique.

Reste qu’une réflexion en termes de marque peut apporter davantage de cohérence aux actions de communication des institutions muséales et leur permettre de mieux affirmer leur positionnement spécifique.





Comité scientifique :

  • Robert Boure, Professeur, Sciences de l’information et de la communication, Université Paul Sabatier, Toulouse
  • Nikolay Burov, Directeur ,Cathédrale St Isaac  , Saint Petersbourg
  • Philippe Chantepie, Inspecteur général, Ministère de la Culture et de la Communication, Chercheur associé Chaire Innovation et Régulation des services numériques, Ecole  Polytechnique
  • Marie Cornu, Directrice de recherche, CNRS, Droit de la culture, Université de Poitiers
  • Martine Corral-Regourd, Professeur, Sciences de l’information et de la communication , Université Toulouse 1 Capitole
  • Jean Davallon, Professeur, Sciences de l’information et de la communication, Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse
  • Bernadette Dufrêne, Professeur, Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8
  • José Luis Pinuel Raigada, Professeur, Sociologie de la communication, Universidad Complutense Madrid
  • Jean-Marie Pontier, Professeur, Droit public, Université Aix-Marseille
  • Dominique Poulot, Professeur, Histoire et civilisations, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Jean-Michel Tobelem, Directeur, Institut d’études et de recherches Option Culture, Chercheur associé Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Geneviève Vidal, Maître de conférences HDR , sciences de l’information et de la communication, Université Paris 13
  • Margot Wallace, Professeur, Marketing, Columbia College Chicago

Soumission et évaluation des communications :

Merci d’adresser vos propositions de communications (titre, problématique, cadre théorique, méthodologie), à Martine.Corral@ut-capitole.fr, Sylvie.Laval@univ-tlse1.fr avant le 8 janvier 2016 en ne dépassant pas 3000 signes.

Elles seront étudiées selon les procédures habituelles et les réponses seront communiquées aux auteurs avant le 25 janvier 2016.

Les communications seront publiées sous forme d’actes. Langues du colloque : français, anglais.

Comité d’organisation :  

  • Christophe Alcantara
  • Martine Corral-Regourd
  • Didier Guignard
  • Jérôme Ferret
  • Sylvie Laval
  • Lucie Sourzat
  • Nicolas Peyre
  • Nicolas Tili
  • Ghislaine Abbassi
et tous les membres de l'IDETCOM, Université Toulouse 1 Capitole

Contact :
Isabelle GELIS
isabelle.gelis@univ-tlse1.fr
05 61
63 39 11


[1] www.economie.gouv.fr/apie

[2] Lévy (M.), Jouyet (J.P.), Rapport de la Commission sur l’Economie de l’immatériel, 2006,  www.economie.gouv.fr/cedef